Michael Schumacher, James Harden, Céline Dion, Sons of Anarchy… : sept choses à savoir sur Bastien Midol

1. Il n’avait jamais porté le dossard jaune avant cet hiver

Aperçu pour la première fois sur le circuit à l’Alpe d’Huez en janvier 2011, Bastien Midol aura attendu neuf saisons pour enfiler le maillot de leader de la Coupe du monde et ne plus le lâcher. Une expérience vécue, comme un clin d’œil, à San Candido (Italie) où il s’était sévèrement blessé en décembre 2013 (lire le point 2 ci-dessous).
Cet hiver, le Bornandin aura explosé les compteurs avec six podiums dont deux victoires en dix étapes de Coupe du monde alors qu’il en comptabilisait jusque-là seulement trois dont une victoire après 64 départs. « Pour moi, c’était inattendu. Je pensais rester en tête du général une ou deux étapes comme si je ne me sentais pas capable de jouer devant toute une saison sans connaître de baisse de régime physique comme c’était le cas auparavant », rembobine l’intéressé.
« Il impressionne par sa régularité » note Jonathan, son frère. « Il a progressé en aérobie. Il est mieux physiquement, on l’a vu sur le vélo l’été dernier lors de la préparation, mais aussi mentalement grâce à la confiance engrangée en début d’hiver. »

2. Il a été hospitalisé à Grenoble en même temps que Schumacher

Bastien Midol a tout connu avec le Bleus. Le meilleur en 2013 lorsqu’il devenait vice-champion du monde, à 22 ans, dès sa première participation aux Mondiaux. Le pire, neuf mois plus tard, lorsqu’il s’envolait dans le décor de San Candido (Italie), retombait sur la nuque et manquait de peu la paralysie. Une vilaine chute qui lui vaudra une fracture du sternum, de la vertèbre D8 et un séjour à l’hôpital de Grenoble au même étage que… Michael Schumacher, victime au même moment d’un accident de ski à Méribel.
A sa sortie, le Bornandin passera trois mois en corset. Alité, ses proches lui installeront une télévision dans sa chambre où il suivra le fameux triplé aux JO de Sotchi. Un moment resté gravé dans les annales du sport français avec Jean-Frédéric Chapuis, Arnaud Bovolenta, dont il est le parrain de sa fille, et Jonathan, son grand frère.

3. Il est mordu de basket depuis les championnats du monde

Le match qui change tout. Le soir du titre mondial de François Placel’équipe de France de skicross a pris place dans les gradins de la NBA pour assister au match entre les Utah Jazz et les Houston Rockets. « James Harden m’a impressionné » admet Bastien Midol. « Il a fait un match de fou ! Il n’a pas loupé un shoot. J’aimerais bien rencontrer ce mec. Je me suis d’ailleurs mis à le suivre sur Instagram. Je ne suis pas spécialement le basket à la base, mais depuis que j’ai vécu mon premier match de NBA, je regarde des vidéos, je m’y intéresse de près. »

4. Il connaît les chansons de Céline Dion par cœur

Fan de rock, Bastien Midol a aussi son péché mignon. « Avec mon ancien coach Xavier Kuhn, on s’est mis deux ou trois craquantes dans la voiture à chanter du Céline Dion au moment de traverser la Suisse » rigole-t-il. « Ca nous arrivait aussi d’entonner du Mylène Farmer… »

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5. Il est boulimique de séries

Vous connaissez la série Sons of Anarchy ? Bastien Midol en raffole. Au point de s’être farci les sept saisons à trois reprises ! « Je suis un accroc aux séries donc… je n’en ai pas regardé une seule cet hiver car quand je me mets devant, je peux devenir associable jusqu’à louper des réunions » confesse ce fan de Game of Thrones.

6. Ses proches ont fermé le restaurant familial pour fêter son globe

Une vague humaine. Dimanche 24 février, le fan-club du Grand-Bornand débarque au Chalet Venay, le restaurant savoyard des Midol situé en face des pistes du Chinaillon.
Ce matin-là, Bastien Midol remporte le globe de cristal à Sunny Valley (Russie). Le soir même, tout le monde se donne le mot pour revisionner la course en différé chez les Midol. « Une soixante de personnes ont débarqué. On a donc dû fermer exceptionnellement le restaurant », se marre Serge, le papa. Une première depuis l’ouverture en 1993.
Un établissement qui n’ouvrira pas non plus ses portes ce dimanche pour la bonne cause. « J’espère que les Suisses sont prêts car il y aura pas mal de Bornandins à Veysonnaz (NDLR : deux bus) » prévient Bastien qui comptera sur le soutien de ses parents, ses grands-parents de 88 ans, sa copine, les employés du restaurant et ses potes. « Ils viennent chercher le globe avec moi ! »
L’ambiance promet d’être bouillante quand on sait que les fan-clubs de François Place, Jean-Frédéric Chapuis et Arnaud Bovolenta ont prévu, eux aussi, de pousser jusque dans le Valais.

7. A 28 ans, il n’a jamais participé aux JO

Les Jeux Olympiques. Le grand traumatisme sportif de la carrière du Haut-Savoyard privé une nouvelle fois de cette grande kermesse l’an dernier à PyeongChang sur une piste où il avait pourtant remporté la pré-olympique en 2016. « Je m’attendais à ne pas être sélectionné car je n’avais pas rempli les critères » avouait le Bornandin, début décembre, lors de notre visite à son domicile à l’aube de la saison.
A chaud, cette nouvelle « cicatrice » a bien failli précipiter, à 27 ans, la fin de sa carrière. « J’étais vraiment déçu, j’étais même à deux doigts… (il marque un long silence). En fin de saison, plus rien ne me poussait à continuer. »
Le cadet des frères Midol venait alors de prendre un grand coup sur la carafe, conscient qu’il aurait du mal à tenir la promesse faite en 2016 depuis Aspen, dans le Colorado. « J’ai ma médaille aux X Games (2e), celle aux Mondiaux (2e). Il ne manque plus que celle aux JO ! » clamait-il alors dans l’euphorie, loin d’imaginer que l’avion pour la Corée allait lui passer sous le nez. « Je suis descendu une semaine avec ma copine à côté de Cassis. J’avais besoin de respirer et me promener sur les calanques pour changer un peu d’air même si je me suis quand même levé à 4 h du matin pour suivre la course des copains. »
Un an plus tard, il ne s’imagine pas raccrocher les skis sans goûter enfin aux JO. « Est-ce que j’ai un rêve à réaliser ? Oui, devenir champion olympique ! » Rendez-vous dans trois ans.

BIO EXPRESS


Bastien Midol. Photo Le DL/Greg YETCHMENIZA

Né le 3 août 1990 (28 ans) à Annecy.
1m91, 94 kg.
Club : Le Grand Bornand.
Spécialité : Skicross
Palmarès :
Championnats du monde : 2e à Voss-Myrkdalen (2013), 14e à Kreischberg (2015), 16e en Sierra Nevada (17e), 9e à Solitude (2019).
Coupe du monde : 74 départs pour 9 podiums dont 3 victoires.
Vainqueur du globe de cristal 2019
X Games : 2e à Aspen (2016).

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