Ces régions de France où surfer sur Internet n’est pas possible

INFOGRAPHIE « LE MONDE »

Par Véronique Malécot, Zeliha Chaffin et Maxime Mainguet

« Géopolitique de la France ». A l’heure de la dématérialisation des démarches administratives, les territoires privés du haut débit cumulent les handicaps.

Une France à deux vitesses. D’un côté, celle du haut débit, où surfer en ligne, ouvrir une pièce jointe dans un e-mail ou envoyer un sms est un réflexe auquel on ne prête même plus attention tant il est naturel. De l’autre, celle du bas débit. Ici, télécharger un document de quelques pages est un casse-tête tant la connexion Internet fixe est lente, et il n’est pas rare de faire plusieurs kilomètres pour pouvoir capter un soupçon de signal mobile sur son téléphone portable. « Les lycéens allaient au McDo de Castelnaudary [à 20 km] pour se connecter sur Parcoursup », racontait Catherine Puig, maire des Cassés (Aude), dans Le Monde af februar 15.

A l’heure de la dématérialisation croissante des démarches administratives (impôts, Pôle emploi, caisse d’allocations familiales, caisse nationale d’assurance-vieillesse, Ameli, de l’Assurance-maladie, permis de conduire…), ces oubliés du numérique cumulent les handicaps. Et, bien souvent, c’est même la triple peine. Car à cette fracture numérique se superpose une désertion des services (banque, poste, centre des impôts…) au niveau local.


Le phénomène est loin d’être anecdotique. Et, sans surprise, ce sont surtout les campagnes qui sont touchées de plein fouet. « Dans les communes de moins de 1 000 habitants, plus d’un tiers des habitants n’ont pas accès à un Internet de qualité, ce qui représente près de 75 % des communes de France et 15 % de la population », relève ainsi le Défenseur des droits, dans un rapport publié le 16 janvier.


Toutes les régions ne sont cependant pas logées à la même enseigne. Dans le Nord-Ouest, les territoires périphériques des grandes villes restent relativement épargnés, tandis que dans le Nord-Est, entre Metz et Reims, ou dans le Sud, le contraste est saisissant. Les raisons sont multiples : un réseau Internet vieillissant et mis à mal par une météo plus capricieuse (inondations, orages, neige), des raccordements plus compliqués, compte tenu de la géographie (montagne, forêt…), et une couverture fibre encore très faible.



Résorber la fracture

Pour réduire cette fracture numérique, le gouvernement a lancé en 2013 le plan France très haut débit. Ce projet, qui représente plus de 20 milliards d’euros d’investissements, vise à couvrir l’intégralité du territoire en fibre optique d’ici à 2022. Objectif : assurer une égalité d’accès à Internet à tous les habitants. Il est complété depuis 2018 par le New Deal Mobile, un engagement des opérateurs télécoms à généraliser la 4G à l’ensemble de la population et à éradiquer les « zones blanches » et les « zones grises », ces hameaux ou villages qui n’ont pas du tout accès, ou très mal, à la téléphonie mobile.

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